Écoanxiété : quand l’école aide les élèves à passer de l’inquiétude à l’action

Écoanxiété : quand l’école aide les élèves à passer de l’inquiétude à l’action

Le 18 mars 2026

Climat, tensions internationales, sentiment d’instabilité… Les enfants et les adolescents grandissent aujourd’hui avec une conscience très forte des enjeux du monde. Et pour certains, cela peut générer de l’anxiété, voire un vrai sentiment d’impuissance. Alors comment les aider à ne pas rester bloqués dans cette inquiétude ? Certains établissements font un choix simple mais puissant : remettre les élèves en mouvement. 

Agir pour comprendre… et se sentir capable

À Living School, école et collège privés écocitoyens à Paris, les élèves ne se contentent pas d’apprendre ces sujets en théorie. Ils les vivent. Chaque année, ils mènent des projets concrets, qu’ils choisissent eux-mêmes : réduction des déchets, actions solidaires, protection de la biodiversité, projets avec d’autres pays… Ce passage à l’action change beaucoup de choses.

Qu’est-ce qui change vraiment chez un élève quand il passe à l’action sur ces sujets ?

Beaucoup de changements positifs s'opèrent. Déjà, l'élève prend conscience qu'il peut agir sur le monde, qu'il n'est pas juste obligé de subir. Et c'est probablement ce qu'il y a de plus fort : cela donne confiance en soi, en sa capacité de réorienter les choses par son action. Nos élèves grandissent avec cette idée que "c'est possible". Ça développe un certain optimisme et aussi un vrai sens de l'initiative. Par exemple, une année nos collégiens ont été effarés par le nombre de mégots qu'ils ont ramassés dans l'allée piétonne de notre établissement lors d'un ramassage de déchets (World Clean Up Day). Ils se sont mis à réfléchir à des solutions, pour éviter que les gens jettent leurs cigarettes dans la rue. Ils sont arrivés à l'idée d'une "boîte à mégots" qui permet de voter (pour sa série préférée, pour son joueur de foot préféré) en collectant les mégots. Ils ont réalisé la boîte en cours de techno et l'ont accrochée dans l'allée. Un problème = une solution. En plus, cela renforce la coopération, car tous nos projets sont réalisés en équipe avec l'idée de "réussir un projet ensemble" et non de "gagner".

— Caroline Sost, fondatrice de Living School

Redonner du sens aux apprentissages

Ce qui est intéressant dans cette approche, c’est qu’elle ne s’ajoute pas “en plus” du programme. Elle vient l’ancrer dans le réel. Écrire pour sensibiliser, compter pour financer un projet, observer pour comprendre un écosystème… Les matières prennent une autre dimension. Les élèves ne travaillent plus seulement pour une note, mais pour quelque chose qui a du sens pour eux.

Une méthode qui se partage

Avec le Greenstep Project, Living School a décidé d’ouvrir ses pratiques à d’autres écoles. Concrètement, les enseignants peuvent accéder gratuitement à des ressources prêtes à l’emploi pour monter des projets écocitoyens avec leurs élèves, du primaire au lycée : activités, outils, idées de partenariats, suivi des projets…  L’idée est simple : permettre à davantage d’établissements de passer à l’action, à leur échelle.

Plus qu’un sujet, une base pour l’école de demain

Derrière ces initiatives, il y a une conviction : ces enjeux ne peuvent plus être traités comme des sujets à part. 

Pourquoi l’écocitoyenneté doit devenir un pilier de l’école, et pas un “plus” ?

Les élèves scolarisés aujourd'hui vont avoir à faire face à de nombreux challenges (crise climatique, migrations, déclin de la démocratie, tensions géopolitiques...). Il est essentiel qu'ils soient préparés à cela, en développant des compétences nouvelles telles que la coopération, l'altruisme, la créativité, la capacité à trouver des solutions justes pour tous... Le programme doit pouvoir aborder les véritables enjeux, leur donner des clés de lecture et les préparer à l'action. Articuler les apprentissages fondamentaux (lire, écrire, compter) autour de l'écocitoyenneté, leur donne du sens et redonne de la motivation à l'élève. Par exemple, on a pu observer que nos élèves avaient énormément d'élan pour écrire quand il s'agissait de correspondre avec une école de Madagascar avec laquelle nous sommes jumelés. De même, ils étaient super motivés pour faire des additions et des multiplications quand il fallait compter l'argent récolté suite à une vente de leurs œuvres d'art en faveur d'un forage pour ces 700 élèves malgaches. De plus, notre espoir c'est qu'en prenant cette habitude de travailler dans l'intérêt général, ils s'orientent à l'âge adulte vers des métiers à impact positif. Nos tout premiers élèves sont étudiants aujourd'hui et ils ont à cœur de contribuer à un mieux-être par leur métier (dans l'architecture, le design, l'enseignement, la psychologie...). Ça fait plaisir à voir !

— Caroline Sost

Aider les jeunes à trouver leur place

Ce que montrent ces initiatives, c’est qu’en redonnant aux élèves un pouvoir d’agir, on change aussi leur rapport à eux-mêmes. Moins de fatalisme. Plus de confiance. Moins de discours abstraits. Plus d’expériences concrètes. Et au fond, une idée simple : les préparer au monde, c’est aussi leur montrer qu’ils peuvent y prendre part.

(crédit photo : Living School)

Pour en savoir plus : 
La video inspirante du Conseil écocitoyen à Living School.
La page ressource sur le site Greenstep Project
Le site de l’association Greenstep Project
Le site de Living School

Par Audrey Sberro, Directrice de la rédaction Enseignement-prive.info