Le 23 septembre 2026
À partir de la session 2027, la maîtrise de la langue sera explicitement intégrée aux barèmes des épreuves écrites du brevet et du baccalauréat, y compris en mathématiques et en sciences. Il ne s’agira pas de retirer mécaniquement un point à chaque faute, mais d’évaluer la capacité de l’élève à rédiger clairement, à employer le vocabulaire approprié et à organiser son raisonnement.
Une réponse mathématiquement juste pourra-t-elle rapporter moins de points si elle est très mal rédigée ? À partir des examens 2027, la réponse est oui : au brevet comme au baccalauréat, une partie de la note des épreuves écrites sera réservée à la maîtrise de la langue, quelle que soit la discipline.
Mais présenter la mesure comme une simple « sanction des fautes d’orthographe » serait trompeur. Le ministère ne demande pas aux correcteurs de compter les erreurs une à une. Il leur demande d’apprécier quatre dimensions : l’orthographe, la construction des phrases, la précision du vocabulaire — notamment celui de la matière — et l’organisation de la réflexion. Autrement dit, la manière dont l’élève écrit devra aussi permettre de comprendre ce qu’il sait et comment il raisonne.
Deux points au minimum, mais pas uniquement pour l’orthographe
La note de service publiée au Bulletin officiel spécial du 17 septembre 2026 fixe une règle commune à partir de la session 2027 : au brevet et au baccalauréat, un minimum de deux points doit être consacré à la maîtrise de la langue dans chaque épreuve concernée. Les définitions propres aux différentes épreuves précisent ensuite la façon dont ces points sont intégrés au barème.
Ces deux points ne sont donc pas deux « points d’orthographe ». Ils prennent en compte à la fois le respect des normes orthographiques et syntaxiques, la clarté du raisonnement et l’emploi d’un vocabulaire juste et adapté. Certaines épreuves dans lesquelles la rédaction occupe une place centrale peuvent accorder un poids plus important encore à ces qualités.
Le ministère distingue quatre niveaux d’appréciation, de « très insuffisant » à « très satisfaisant ». Une copie comportant quelques erreurs isolées ne sera pas jugée de la même manière qu’un travail dans lequel les fautes se répètent, les phrases deviennent difficiles à comprendre, le vocabulaire disciplinaire est mal employé et le raisonnement ne suit aucun fil perceptible.
Il n’existe donc pas de tarif national du type « une faute égale un demi-point en moins ». L’évaluation est globale et dépend aussi de la nature de l’exercice. Les correcteurs devront appliquer les barèmes nationaux, sans pouvoir décider localement d’atténuer la prise en compte de l’orthographe, de la grammaire ou des autres qualités rédactionnelles.
En maths ou en sciences, une réponse juste devra aussi être compréhensible
Pour un élève, la différence apparaîtra surtout dans les réponses qui demandent d’expliquer une démarche, de justifier un résultat, d’analyser un document ou de construire une démonstration. Poser correctement un calcul restera évidemment essentiel, mais il faudra également rendre le raisonnement lisible, utiliser les termes de la discipline à bon escient et construire des phrases suffisamment claires lorsque le sujet appelle une rédaction.
Au brevet, la nouvelle définition de l’épreuve de mathématiques prévoit que les quatre dimensions de la maîtrise de la langue seront évaluées sur deux points. Le texte précise également que les réponses doivent être justifiées, sauf indication contraire du sujet. Dans l’épreuve de sciences — qui porte sur deux disciplines parmi la physique-chimie, les sciences de la vie et de la Terre et la technologie — deux points sur vingt seront eux aussi consacrés à la maîtrise de la langue, à raison d’un point par discipline. En histoire-géographie et enseignement moral et civique, la qualité de la rédaction est intégrée au barème, avec des réponses courtes ou plus développées selon les questions.
Au baccalauréat général, l’épreuve de spécialité mathématiques réserve deux points sur vingt à la maîtrise des normes orthographiques et syntaxiques, à la formulation du raisonnement et à l’emploi d’un vocabulaire adapté. La partie écrite de la spécialité physique-chimie suit le même principe. En SVT, deux points sur les quinze attribués à l’écrit sont spécifiquement consacrés à l’orthographe et à la syntaxe ; l’organisation de la réflexion, la structuration de la pensée et la précision du vocabulaire sont en outre intégrées à l’évaluation des compétences disciplinaires.
Toutes les questions ne vont pas pour autant devenir de longues dissertations. Les QCM et les réponses courtes ne disparaissent pas, mais le ministère demande d’en limiter l’usage afin de faire davantage rédiger les candidats. La maîtrise de la langue sera appréciée en tenant compte de la nature de l’exercice : on ne peut pas évaluer l’organisation d’un raisonnement de la même façon dans une réponse d’un mot et dans une démonstration développée.
Brevet, baccalauréats et diplômes professionnels sont concernés
La note ne vise pas uniquement le brevet et les baccalauréats général et technologique. Elle concerne les épreuves écrites du DNB, du baccalauréat ainsi que des diplômes professionnels à compter de la session 2027.
Pour les diplômes professionnels, le texte insiste sur la clarté et l’intelligibilité des productions écrites, en lien avec les exigences de communication propres à chaque métier. Les barèmes devront valoriser la correction de la langue, la précision du lexique et l’organisation de la réflexion. En revanche, la note ne fixe pas pour l’ensemble de ces diplômes professionnels un barème uniforme de deux points : les modalités dépendent des référentiels et des définitions de chaque épreuve.
La règle s’applique aux candidats scolaires comme aux candidats individuels. Elle concerne donc les élèves des établissements publics et privés sous contrat, qui passent les mêmes diplômes nationaux, mais aussi les candidats issus du hors contrat lorsqu’ils se présentent aux examens sous le statut prévu pour leur situation.
Au brevet, les élèves des collèges privés sous contrat sont des candidats scolaires : leur résultat repose à 60 % sur les épreuves terminales et à 40 % sur leurs moyennes de troisième. Les candidats individuels sont, eux, évalués à partir de leurs épreuves terminales écrites. Cette différence de statut modifie le calcul du résultat final, pas les exigences de rédaction applicables aux copies d’examen.
Au baccalauréat, certaines modalités peuvent néanmoins varier. En physique-chimie, par exemple, les candidats individuels et ceux scolarisés dans un établissement privé hors contrat sont dispensés de l’évaluation pratique des compétences expérimentales : leur note repose alors sur la partie écrite, dans laquelle la maîtrise de la langue est bien évaluée.
Les candidats bénéficiant d’un aménagement ou d’adaptations liés à l’orthographe ou à la syntaxe ne sont pas oubliés : leur situation particulière doit être prise en compte lors de l’évaluation.
Dans les établissements, le français devient davantage l’affaire de tous
Pour les équipes pédagogiques, la mesure ne consiste pas simplement à durcir les corrections en juin 2027. La note entre en vigueur dès la rentrée 2026 afin que les élèves soient préparés pendant l’année, dans l’ensemble des disciplines.
Le ministère demande de les faire davantage rédiger, mais aussi de travailler la relecture, la construction des phrases, la précision du vocabulaire et l’organisation du raisonnement. Un professeur de mathématiques ou de sciences n’a pas vocation à transformer son cours en séance de grammaire ; il devra en revanche apprendre aux élèves à produire un écrit qui rende leur démarche compréhensible et utilise correctement la langue de sa discipline.
Dans les collèges et lycées privés sous contrat comme dans le public, les chefs d’établissement sont invités à organiser cette préparation avec toutes les disciplines, notamment au sein du conseil pédagogique. Le texte leur demande d’installer une concertation commune et de mobiliser les moyens disponibles pour prévenir ou réduire les difficultés en lecture, en écriture et en expression orale. Les corps d’inspection doivent, de leur côté, accompagner l’évolution des pratiques et veiller à l’application des critères lors des corrections.
Pour les familles, le conseil le plus utile ne sera donc pas de demander à un enfant de « ne plus faire aucune faute », objectif aussi anxiogène qu’irréaliste. Il faudra surtout l’habituer à relire toutes ses copies, y compris en mathématiques et en sciences, et à vérifier qu’un correcteur peut suivre son raisonnement sans avoir à le reconstruire à sa place.
Sources
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Définition des épreuves du diplôme national du brevet à compter de la session 2027
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Modalités d’attribution du diplôme national du brevet à compter de la session 2027
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Déroulement des corrections aux examens du second degré à compter de la session 2027
Par Audrey Sberro, Directrice de la rédaction Enseignement-prive.info